Femmes du Congo

Alerte !

ALERTE : UNE MILITANTE DES DROITS DES FEMMES ET DE LA LUTTE CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES MENACÉE ET INTIMIDÉE À BENI

 La Coalition pour les droits des femmes en situation de conflit, Droits et Démocratie, Femmes autochtones du Québec, la Fédération des femmes du Québec, le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), la Table de concertation sur la Région des Grands Lacs, Amnistie internationale Canada francophone, le Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale et  l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI),

Font appel au gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC), les autorités locales compétentes et la MONUC à assurer la protection de Julienne Lusenge, militante des droits des femmes et de la lutte contre les violences sexuelles, et à poursuivre les auteurs des menaces proférées à son encontre.

Alors qu’elle se trouvait en Europe afin de participer à une mission de plaidoyer organisée par la FIDH sur la lutte contre l’impunité et les violences sexuelles en RDC, Mme Julienne Lusenge, coordinatrice de l’association Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI) a été informée des menaces proférées à son encontre le 31 mars 2008.

 Deux individus non identifiés se sont présentés au domicile de l’une de ses collaboratrices et ont exigé d’obtenir l’adresse de son domicile. Devant le refus de la collaboratrice de divulguer les informations demandées, les menaces suivantes ont été proférées : « Tu refuses de nous ouvrir la porte, sache que la manière que vous aviez quitté Bunia, c’est de cette même manière que vous quitterez Beni. En plus c’est avec tes propres mains que tu nous ouvriras la porte de Julienne ». Ces menaces font allusion au fait que Mme Lusenge, qui habitait à Bunia, a dû fuir en octobre 2002 en raison des actes de harcèlement commis à son encontre par les milices, dont elle dénonçait les agissements, et en particulier les violences faites aux femmes.

 Les menaces proférées à l’encontre des militants des droits humains, et plus particulièrement des militantes des droits des femmes, sont particulièrement sérieuses et révélatrices de la situation d’impunité et de violence qui règne à l’Est de la RDC. Par ailleurs, à cette situation d’insécurité créée par la prolifération des groupes armés qui échappent au contrôle de l’État et de la MONUC, s’ajoutent les pressions plus ou moins directes exercées par les représentants du pouvoir ou les hauts-fonctionnaires qui n’hésitent pas à intervenir pour faire cesser toutes critiques émises par les militant(e)s.

 Ces situations doivent être fermement dénoncées et condamnées. Elles sont contraires aux prescriptions du droit international et aux engagements internationaux et régionaux souscrits par le gouvernement de la RDC. Elles sont contraires au respect de la dignité des femmes. Elles mettent en péril l’espoir et la capacité de la société congolaise de mettre fin aux violences sexuelles.

 La liberté d’expression, la liberté de réunion et d’association ainsi que le droit au respect de l’intégrité physique que doivent mettre en œuvre les autorités gouvernementales sont des éléments essentiels au maintien et au fonctionnement d’une société civile forte et active capable de prendre part à la reconstruction de la paix et de la démocratie.

 Par conséquent, c’est d’une seule voix que les organismes de défense des droits humains signataires de cette présente :

 DÉNONCENT la situation d’insécurité qui pèse sur les militants et les militantes des droits humains en RDC surtout celles qui luttent contre les violences sexuelles faites aux femmes;

 FONT APPEL DE MANIÈRE URGENTE au gouvernement de la RDC et aux autorités compétentes à prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les militant(e)s des droits humains et leur famille contre tout acte ou toute tentative de représailles, d’atteintes à l’intégrité physique, d’intimidation et de menaces;

 DEMANDENT aux forces de police et à la magistrature d’enquêter et de réprimer les auteurs des menaces à l’encontre de Mme Julienne Lusenge et d’assurer la protection de sa famille et de ses collègues de travail de l’association SOFEPADI à Beni et à Bunia;

 REQUIÈRENT des représentants de l’ONU, de la MONUC et des organisations régionales concernés par ces violations de prendre les mesures nécessaires à la protection des militant(e)s des droits humains et de travailler avec les autorités nationales et la société civile au renforcement de l’État de droit.

 Les organismes signataires,

Montréal, mercredi 9 avril 2008.

 

 MENACES DE MORT CONTRE UNE MILITANTE CONGOLAISE, ARTICLE DE LA PRESSE (Mardi 8 avril)

 Des ONG ont lancé un appel urgent en faveur de Julienne Lusenge, militante des droits de l'homme au Congo-Kinshasa, qui fait l'objet de menaces de mort.

 «Vous quitterez Béni comme vous avez quitté Bunia», ont lancé deux individus au soir du 31 mars à une collègue de Mme Lusenge, qui se trouvait en Europe poursuivant son plaidoyer en faveur des droits des femmes dans l'est du Congo ravagé par des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre par tous les combattants.

 Lire l’article de Jooneed Khan, La Presse, http://www.cyberpresse.ca/article/20080408/CPMONDE/804080610

 

 RÉACTIONS AUX MENACES PROFÉRÉES À L’ENCONTRE D’UNE MILITANTE DE LA LUTTE CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES

 L’observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir d’urgence et d’écrire aux autorités.

 L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités de RDC et de leur demander de :

 Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de Mme Julienne Lusenge, de l’ensemble des membres de SOFEPADI, ainsi que de tous les défenseurs des droits de l’Homme en RDC ;

 Mener une enquête indépendante sur les menaces décrites ci-dessus, afin que leurs auteurs soient identifiés et dûment jugés et sanctionnés conformément à la loi congolaise et aux dispositions internationales en matière de protection des droits de l’Homme ;

 Mettre un terme à tout acte de harcèlement à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme en RDC ;

 Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à son article 1 qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international”, son article 6(b), selon lequel “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme et autres instruments internationaux applicables, de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales”, et son article 12.2, qui dispose que “l’État prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration” ;

 Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la République démocratique du Congo.

 

L’observatoire vous invite à écrire aux autorités mentionnées dans le document suivant: http://www.fidh.org/spip.php?article5402 (4 avril 2008)

 
 
RÉACTION AUX MENACES PROFÉRÉES À L’ENCONTRE D’UNE MILITANTE DE LA LUTTE CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES
 
La Chaire A. Poissant de recherche sur la gouvernance et l'aide au développement de l’Université de l’UQAM-Montréal au Canada a envoyé la lettre suivante aux autorités congolaises a écrit aux autorités de la RDC pour leur demander d’intervenir.
 

 

FIDH : Viols massifs en République Démocratique du Congo : Une honte pour l’humanité - 5/11/2007A l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la FIDH et ses organisations membres en RDC, l’ASADHO, la Ligue des Électeurs et le Groupe Lotus, appelle à une mobilisation internationale contre les violences sexuelles en RDC. Avec la « transition démocratique », on aurait pu espérer une diminution du nombre de tels crimes, mais ils continuent d’être perpétrés avec la même ampleur. Des bébés de six mois, des femmes de 70 ans, n’échappent pas à la terreur. Ces crimes se distinguent non seulement par leur ampleur mais aussi par leur cruauté. Leurs auteurs, miliciens, insurgés, rebelles, mais également des membres de l’armée congolaise, jouissent d’une impunité quasi-absolue. Nous exigeons que soient mis en place des moyens de répression systématique et exemplaire des criminels auteurs de violences sexuelles. Nous exigeons que cette répression vise tous les criminels, quels qu’ils soient, quelle que soit leur fonction, et où qu’ils se trouvent" a précisé Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH. Le communiqué est disponible sur http://www.fidh.org/spip.php?article4930

 
 

L'escalade de la violence dans le Nord-Kivu accentue le risque de massacres à caractère ethnique - AI - 10 septembre 2007 - L'organisation a tiré la sonnette d'alarme face au risque croissant que cette violence ne donne de nouveau lieu à des massacres interethniques et à d'autres atteintes aux droits humains. Des personnes ayant fui les combats ont signalé des viols et des homicides de civils à Amnesty International. Le recrutement et l'utilisation d'enfants par les groupes armés se poursuivent dans le Nord et Sud-Kivu.http://web.amnesty.org/library/index/fraAFR620142007?open&of=fra-COD

 
 

Un article d'IRIN (Bureau pour la Coordination des Affaires humanitaires) explique, " Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a exprimé ses préoccupations face aux violences perpétrées à l’encontre des civils, et notamment des femmes et des enfants, dans le Sud Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où enlèvements, exécutions, viols et pillages sont fréquemment signalés à l’organisation. " RDC: Les civils toujours en proie aux violences dans le Sud Kivu - IRIN - 3 juillet 2007- http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=73062